Depuis maintenant quelques années que j’arpente les macadams et les terre-pleins d’accueil de la Caravane des entrepreneurs, des bords de Mer aux quais de Seine, des hôtels de ville aux places de marché, de Saint-Nazaire à Nice en passant par Strasbourg, Lyon ou Toulouse, je rencontre des dizaines et des dizaines d’entrepreneurs, « porteurs de projets », créateurs, candidats repreneurs, futurs franchisés. Dans leur grande majorité, sans faire défaut aux statistiques officielles, toutes ces personnes agissent d’abord seules et seulement seules. Les chiffres sonnent comme une évidence, plus de 80% des créateurs « ex-nihilo », c’est à dire ceux qui sont « tout nouveau, tout propre », sont des entrepreneurs en solo.
On sait aussi, et beaucoup de monde le répète à l’envie, que le taux d’échec des ces « start-hope » avoisine 50%, dès les premières années d’existence, ce qui n’est pas sans conséquences pour ceux qui ont eu le courage de se lancer, car se « casser la gueule », en France notamment, est loin de vous laisser indemne. Je ne me risquerai pas dans une tentative d’explication du pourquoi et du comment, car ce n’est pas le sujet ici et les raisons sont multiples et variées.
Ainsi donc le néo-entrepreneur est presque par définition un personne seule, quant elle n’est pas en plus, une personne isolée. A partir de là, ses chances de trouver sa place et de réussir économiquement sont extrêmement réduites.
Entrepreneur, il n’est pas impossible que ton salut vienne du Web
Avec l’Internet "social" et collaboratif, ce qui est remarquable, c'est cette perspective de développement proposée aux « Tous Petits Entrepreneurs » (la grande majorité d’entre nous), la rupture des frontières immédiates, l'ouverture à des opportunités nouvelles, une certaine manière aussi de réduire l'isolement, en définitive, à coup sûr un très sérieux coup d'accélérateur.
Cet angle, ou ce « point de vue » trouve son ancrage dans les nouveaux usages qui sont faits des technologies de l’information et de la communication qu’on appelle encore TIC. Qui n'a pas entendu parler de web 2.0, de marketing 2.0, d’entreprise 2.0, de « tout ce qu’on veut en 2.0, qui loin de n'être qu'un marquage, sont un vrai décalage entre l’avant et l’après, le figé et le mouvement, le monologue et le contributif.
Je l'avais déjà écris en décembre 2007 et j’affirme plus que jamais encore aujourd'hui : des transformations profondes et irréversibles, quelques soient les noms qu’on leur donne, sont maintenant bien en place et bouleversent les règles du jeu de l’économie de marché tels que nous les connaissions jusque là. Ces outils prennent pour noms, au hasard : blogs professionnels, micro blogging, widgets, agrégateurs, wikis, podcasts, réseaux sociaux, places de marché virtuelles, espaces collaboratifs, géolocalisation et j’en oublie…
Ces transformations « venues » de, et par les internautes, blogonautes, arpenteurs de réseaux sociaux ou avatars de Second life, appréhendées et intégrées avec clairvoyance, peuvent être tout bénéfice pour les entrepreneurs d’aujourd’hui et de demain.
Bien sur, cela ne vaut pas pour toutes les activités, ni avec le même impact ou la même ampleur. Il n’y a pas non plus de recettes miracles, pas de tours de passe-passe de la « réussite », mais comprendre les mécanismes qui se jouent sur le terrain du Web et au-delà, se mettre en écoute, expérimenter les nouveaux outils, c’est comprendre ce qui se prépare pour l’avenir, avoir une chance d’être en phase avec les autres, ses futurs partenaires, fournisseurs, prospects, clients et consommateurs.
Car, nous passons dans ce XXI ème siècle de l’ère des mass média à celui des média de masse, avec une redistribution des pouvoirs, restitués à leurs dépends, de quelques uns au profit du plus grand nombre, dans un espace par définition sans frontières physiques (Ceci dit, il de faut pas trop rêver quand même, notre espèce est ainsi faite que les prédateurs ont toujours tendance à vouloir occuper le terrain).
Vous n’êtes pas convaincus, lisez-vous donc de the Clue Train Manifesto, le manifeste des évidences en 95 axiomes où la fin du commerce annoncé , tel qu’on le connaît aujourd’hui, du moins.
« the Internet is unlike the ordinary media used in mass marketing as it enables people to have “human to human” conversations, which have the potential to transform traditional business practices radically.”
Je vous la fait à peu près en français : L’Internet à la différence des media classiques…rend possible des conversations d’humain à humain, avec le potentiel de transformer radicalement les pratiques commerciales traditionnelles… Cette réalité est déjà opérationnelle.
« …la personnalisation prévaut à nouveau. Le consommateur a déjà pris l’ascendant par rapport au prix. Pour optimiser son pouvoir d’achat et satisfaire ses besoins, il achète « malin » (comparatifs de prix, low cost, hard discount, achat en ligne, ventes privées, etc.). Mais ses exigences vont bien au-delà. Il veut une offre personnalisée et recherche les facteurs de différenciation ».
Dans cet univers, Pareto se meurt et que vive la « longue traîne ». Encore un concept aux effets surprenants dont la courbe de distribution montre comment se transforme la donne commerciale et qui énonce en substance, parlant des marchés culturels : « Arrêtons d’exploiter les quelques Mégatubes au sommet des hit-parades pour gagner des millions. Le futur des marchés culturels réside dans les millions de marchés de niche cachés au fin fond du flux numérique.»
Comment tout cela est-il arrivé et comment cela a t–il été rendu possible? Peu importe car au final, c’est arrivé.
Je fais donc la prédiction que dorénavant, il y aura de la place en économie pour tous ceux qui sauront plus que jamais se différencier, se marquer, « se nicher ». Jusque là rien de nouveau, ce qui le devient, c’est que pour aller plus loin, il va falloir aux entrepreneurs se construire une identité, mais pas n’importe quelle identité, pas celle trop convenue des CV ou des brochures commerciales classiques, celle qui saura réaliser, un alliage subtil de ce qui relève des aspects émotionnels qui nous différencient et nous construisent de ce qui relève des aspects purement professionnels.
juste mettre de la couleur...pour commencer ;)